Les Relations Commerciales avec la France - Dossier Perspectives

Dossier Perspectives - Juillet 2014

Perspectives  | 

Entretien avec Santiago Mantelli, directeur d’intelligence commerciale à la Fondation Exportar

Les exportations argentines traversent un processus d’évolution dû à une transformation de la matrice productrice nationale. Par exemple les exportations de haute valeur ajoutée gagnent du terrain face aux produits comme le soja et dérivés, explique Santiago Mantelli, directeur d’Intelligence Commerciale à la Fondation ExportAr. Le 70 % en 2013 et le 72 % pour ce qui va de l’année 2014 des exportations argentines sont des manufactures d’origine agricole et industrielle.

La fondation ExportAr focalise ses actions sur des produits à valeur ajoutée, exprime Mantelli, et elle appuie les économies régionales ; en fait le 65 % des entreprises de groupes exportateurs se trouvent dans les provinces. En 2013, 72 actions de formation ont été menées dans les provinces et en 2014 on observe une augmentation de 30 % de consultations d’entreprises par rapport à la même période l’an dernier. « Ceci montre l’intérêt qu’il y a à exporter, possiblement parceque la dévaluation a amélioré la compétitivité de certaines sociétés».

Dans ce contexte a été lancé le « Programme d’Augmentation et Diversification des Exportations » (PADEx) qui cherche à augmenter les exportations argentines jusqu’à 94.000 millions de dollars –actuellement elles atteignent 83.026 millions de dollars -et de les faire dépasser les 100.000 millions de dollars en 2015. Pour mettre en place ce programme, il faut prévoir 70 missions commerciales sectoriales et plurisectoriales, l’organisation de 22 missions commerciales inverses et la participation d’entreprises argentines dans 252 salons internationaux. La coordination de ces actions de promotion commerciale sera partagée entre la Chancellerie et la Fondation ExportAr et les différents ministères en charge du développement productif.

L’intérêt de chercher de nouveaux marchés, alternatifs aux habituels situés en Europe, s’explique par le contexte de croissance des économies des pays émergents : en 2012 le poids des nations émergentes, d’après leur Produit Brut, a atteint le 40 % de l’économie internationale tandis qu’en 2003 ce poids était de 23 %.

« Dans la relation commerciale avec la France, il y a une certaine stagnation que j’explique par le comportement de l’Union Européenne (UE) et aussi de certains secteurs »

Cette croissance double celle des économies développées. Dans ce cadre, la Fondation ExportAr cherche à positionner les produits argentins dans des destinations comme l’Asie, le Moyen Orient, l’Afrique et l’Amérique Latine. « En Bolivie il y a un boom de la construction et pour l’Argentine c’est une opportunité. Elle doit être présente et nous la faisons participer dans des salons sectoriels ou multisectoriels. Nous rentrons juste d’Afrique du Sud où nous avons vendu des machines agricoles : l’Argentine doit se présenter partout où des demandes existent ».

La Fondation ExportAr a pour objectif d’internationaliser les PME car leur participation dans les exportations, explique le spécialiste, non seulement apporte des devises et augmente la compétitivité mais aussi crée des emplois. « Les internationaliser est un processus d’apprentissage et notre rôle est de leur donner des outils pour qu’elles y parviennent le mieux possible ».

Le Programme Laboratoire d’Internationalisation des Entreprises est chargé de les appuyer : pour ce programme les entreprises doivent avoir un rôle social important, un produit innovant et/ou une demande internationale croissante. Pour commencer, pour une entreprise, connaître le prix des exportations est fondamental pour qu’elle puisse savoir si elle est compétitive. Et il faut prendre en compte aussi le thème culturel et les sentiments qui se réveillent chez un chef d’entreprise vis-à-vis de ses possibilités d’exporter : « la peur de l’exportation est un obstacle que les PME argentines doivent éliminer et c’est un thème culturel ». La manière de stimuler les entreprises à exporter leurs produits avec une valeur ajoutée – par exemple aux USA ou en Chine- est de leur monter des cas de réussite. « L’impact le plus fort est de voir qu’une autre entreprise comme la nôtre, a pu le faire ».

Historiquement le poids de la Fondation ExportAr depuis sa création en 1995 a été inférieur à l’actuel, commente Mantelli. Depuis 2001, la Fondation ExportAr a augmenté ses effectifs de 30 à 100 personnes. « En 2001, dans le contexte de la fin de la convertibilité (taux de change fixé à 1 peso = 1 dollar), il était difficile d’intéresser une entreprise à exporter. En fait nous travaillions avec des entreprises en faillite qui cherchaient à vendre à l’étranger car elles ne pouvaient vendre sur le marché local. Actuellement, le marché et la consommation locale étant en croissance, la concurrence interne a repris.

La relation commerciale avec la France

« Dans la relation commerciale avec la France, il y a une certaine stagnation que j’explique par le comportement de l’Union Européenne (UE) et aussi de certains secteurs ; la politique économique de l’UE complique la compétitivité de certaines entreprises argentines qui trouvent des produits subventionnés sur le marché français ou sur les marchés européens en général ; cela peut constituer une barrière pour rentrer certains produits », dit Mantelli. La situation commerciale avec la France montre un déficit commercial pour l’Argentine : c’est parceque la France se spécialise dans certains biens d’équipement –indique le spécialiste- et les pièces détachées des biens d’équipement constituent plus de la moitié des importations argentines. Selon les chiffres de la Fondation ExportAr, les exportations argentines vers la France ont atteint des montants
proches aux 420 millions de dollars en 2013, soit une hausse de 6,2 % par rapport à 2012 mais une chute de 5,8 % par rapport aux exportations de 2009. Par ailleurs, les importations argentines provenant de la France ont atteint les 2.086 millions de dollars en 2013. Ce qui représente une croissance de 30,4 % par rapport à 2012 et de 157,5 % par rapport à 2009.

« Ceci est en rapport non seulement à la particularité de l’économie européenne mais aussi à l’orientation des énergies des exportations argentines vers les marchés émergents qui sont les plus dynamiques actuellement. C’est en fonction de ces facteurs que nous réalisons nos efforts ».

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