Changement climatique : les entreprises s'engagent

Nous présentons des cas de stratégies environnementales réussies pour lutter contre le réchauffement global, menées par des entreprises membres de CCI FRANCE ARGENTINE.

Perspectives, Actu de la chambre  |   | Silvia del Campo

ALSTOM

Il est indispensable d’éviter le réchauffement global, ce qui implique que doit s’accélerer la transition vers des sociétés et des économies qui consomment moins de carbone. Alstom est partie intéressée et appuie spécialement les points suivants:
- L’engagement volontaire de toutes les nations pour atteindre les objectifs ambitieux de réduire les gaz à effet de serre.
- La prise en compte des mécanismes qui appuient les innovations technologiques.
- L’incorporation de certaines solutions de financement pour favoriser la transition vers une économie “basse en carbone”.
- L’évolution nécessaire des moyens de transport.

L’évolution vers des moyens de transport non contaminants est indispensable pour atteindre l’objectif, et ceci implique le développement du chemin de fer. Alstom Transport offre des produits et solutions d’infrastructure ferroviaire qui facilitent ce mouvement en optimisant son efficience énergétique en même temps qu’il offre aux passagers, confort et sécurité.

Alstom dispose de la gamme de solutions la plus complète du marché pour activer les énergies renouvelables pendant les situations les plus compétitives. Le Groupe s’engage à développer des technologies fiables et écologiques pour utiliser les sources d’énergies renouvelables ; hydraulique, solaire, éolienne, hydroélectrique, géothermique, biomasse. Celles-ci constituent le 33 % de l’ensemble des demandes reçues par Alstom Power entre 2012 et 2014.

Réduire l’impact de la contamination et des émissions de gaz à effet de serre des transports, implique le renforcement des transports publics et particulièrement du chemin de fer qui présente un bilan écologique global très efficient.

Alstom Transport cherche et élabore des solutions pour améliorer de manière permanente son efficience environnementale. Aujourd’hui, le design écologique permet de produire des trains qui peuvent réduire la consommation grâce à des systèmes plus légers, des moteurs efficients et aussi des solutions optimisées de ventilation, illumination et freinage.

DANONE

Les produits de Danone proviennent de la nature et ses cycles; ainsi, l’engagement de conserver un environnement naturel
et sain est vital pour réussir la mission d’offrir de la santé à travers l’alimentation au plus grand nombre possible de personnes Combattre le changement climatique et réduire la dépendance des combustibles fossiles est une ambition clé pour l’entreprise. Comme première mesure, a été développé Danprint, un outil qui permet de mesurer les tonnes de CO2 liberées dans l’atmosphère en plus d’identifier les secteurs prioritaires d’action : Production, Logistique, Packaging, et Fin du Cycle de Vie.

En 2007, Danone s’est engagée à réduire la trace de carbone d’un 30 % de 2008 à 2012. Grâce aux améliorations de l’efficience énergétique dans ses processus, l’économie d’eau, le packaging plus léger, matériaux recyclés et une logistique plus efficiente, la réduction a été encore plus importante. Le nouvel objectif est d’atteindre le 50 % pour 2020 et pour y arriver la compagnie utilise un module intégré de carbone de dernière génération pour mesurer le rendement, qui s’utilisera dans toutes les filiales de Danone en 2020.

Il n’y a pas longtemps, l’entreprise a présenté une nouvelle politique climatique ayant pour objectif d’atteindre zéro émissions nettes de carbone. Pour cela, Danone va co-créer des solutions avec son écosystème, en incluant des communautés d’agriculture, fournisseurs, clients et consommateurs. Ceci concerne les secteurs sous sa responsabilité directe et aussi ceux où l’entreprise partage la responsabilité – spécialement en agriculture qui représente le 65 % du total des émissions. De plus, ceci permettra à Danone de fortifier la résilience de sa chaîne alimentaire globale et de faciliter le chemin vers une croissance durable des affaires.

TOTAL

En Argentine, spécifiquement, Total fait une importante contribution à l’une des matrices énergétiques les plus propres de la région, comme producteur de gaz naturel du pays.

Comme acteur du secteur de l’énergie, Total s’est profondément impliqué dans la question du changement climatique en analysant les possibles contributions techniques à l’atténuation et en s’engageant institutionnellement dans la recherche de solutions pour améliorer l’efficience énergétique et réduire les émissions. C’est ainsi que l’entreprise s’est intégrée à la Oil and Gas Climate Initiative, un effort de dix grandes compagnies de production d’hydrocarbures pour réduire les émissions de CO2, a partir d’échanges techniques, dans le but d’établir les meilleures pratiques et développer des solutions concrètes.

Les entreprises du secteur ont abordé ce défi en appliquant diverses solutions allant depuis l’application de nouvelles technologies dans leurs procédés industriels jusqu’à l’adoption de décisions de participation dans le secteur des énergies renouvelables comme la solaire, éolienne ou les biocombustibles. Bien entendu un des piliers est la promotion de l’utilisation du gaz naturel pour la production d’énergie, dans le but de substituer l’utilisation de combustibles, comme le charbon ou autres qui impliquent d’importantes emissions. Dans ce sens, la société Total a annoncé en Août 2015 qu’elle cessait les opérations avec du charbon et elle promeut, à travers les organisations multilatérales, les iniciatives pour fixer les prix du charbon. L’effort donne ses fruits. Les données relevées indiquent que, depuis 2005, les membres de cette initiative ont réduit d’un 20 % les émissions, à partir de la mise en place de solutions technologiques. A titre d’exemple, nous pouvons citer que Total à travers sa filiale Sunpower, est le second producteur mondial de panneaux solaires. On peut aussi mentionner la ligne de lubrifiants de haute performance, développée par la division Total Ecosolutions, qui permet de réduire l’émission de CO2 des moteurs, un petit échantillon d’un engagement qui fait partie de sa philosophie.

En Argentine, spécifiquement, Total fait une importante contribution à l’une des matrices énergétiques les plus propres de la région, comme second producteur de gaz naturel du pays, le combustible fossile aux niveaux les plus bas d’émission de CO2 dans l’atmosphère et qui est toujours signalé comme « le combustible de transition », vers une matrice complètement renouvelable.

A cette contribution s’ajoutent les actions pour l’optimisation des émissions de ses propres opérations au moyen de l’analyse et l’évaluation de l’efficience énergétique de ses usines de traitement d’hydrocarbures, l’utilisation de complétions « vertes » pour puits qui, au moyen d’équipements, permettent la connection rapide aux puits, la détection des émissions fugitives dans leurs installations pour leur optimisation. De même, Total Austral prend l’initiative à travers la prise de conscience et la formation permanente de son personnel et de ses fournisseurs.

PERNOD RICARD

Au cours d’un bref entretien, Alejandro Iocco, Directeur de Qualité, Développement, Sécurité et Environnement de Pernod Ricard Argentine & Uruguay, expose les mesures adoptées au niveau régional et global par le géant des boissons alcooliques.

Quels sont les objectifs de PR au niveau mondial ?

Le groupe a des objectifs à 5 ans: réduire la trace d’eau d’un 20%, d’énergie dans le même pourcentage et de carbone d’un 30%. Cette dernière inclut non seulement l’énergie que nous utilisons pour produire mais aussi les matières premières – comme le verre- et le transport.

La filiale argentine est affectée par le changement climatique ?

Oui, bien entendu. Nos activités sont concentrées principalement dans les provinces de Salta, San Juan et Mendoza (les caves Etchart, Graffigna et Mumm), où les variations climatiques ont un impact direct sur les cultures: ce printemps, par exemple, est le plus froid des derniers 50 ans. Nous remarquons des variations climatiques très fortes -autant des températures que des pluies- et des accidents climatiques ont lieu avec une plus grande fréquence.

Quelle est la principale problématique ?

L’eau. Mendoza particulièrement est une zone de stress hydrique où a diminué le débit d’eau provenant de la cordillère. Dans les derniers 8 ans, PR a investi en technologie pour transformer son système d’irrigation qui est passé de l’arrosage qui recouvre (ou inonde) à l’arrosage goutte à goutte. Nous avons aussi mis en place une méthode de contrôle rigoureuse qui nous permet d’être beaucoup plus efficients et de répondre aux objectifs du Groupe par rapport à la réduction du 20% de la consommation d’eau.

Quelles sont les mesures prises au niveau du processus de transformation ?

La première mesure a été de réduire de presque 30% le poids des bouteilles en verre que nous utilisons, grâce à l’innovation et technologie que nos fournisseurs ont mis à notre disposition. Parallèlement, il y a deux ans nous avons inauguré un nouveau centre de distribution à Córdoba, ce qui nous permet d’améliorer nettement l’efficience de notre logistique en réduisant considérablement l’empreinte de carbone produite par le carburant des camions qui, auparavant, devaient se déplacer depuis Buenos Aires.

Lutter contre le changement climatique est aussi un avantage compétitif...

Absolument. Aujourd’hui il y a certains pays, comme le Canada et prochainement la Suède, qui exigent que le poids de la bouteille ne dépasse pas les 420 grammes, et nous, nous le respectons. De même, les pays européens ont chaque fois plus d’exigences en matière d’empreinte environnementale.

Quelle est votre opinion personnelle sur ce thème ?

Avoir une vision durable est le modèle d’affaires qui va s’installer dans le monde. C’est un modèle expansif, qui se propage, au moins dans le cas de PR. Les exigences que nous avons au niveau interne vont bientôt s’étendre à nos fournisseurs. Ici, nous faisons une expérience pilote en suivant un manuel d’agriculture californien pour certifier tous nos vignobles comme durables d’ici à 2020. Le concept «d’agriculture durable» deviendra évident, comme il y a 30 ans se sont imposées les normes de qualité.

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